Regards sur l'éveil
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 6706 Localisation: Suisse
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Posté le: Di 23 Nov 2014 20:35 Sujet du message: Matière, information et conscience |
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Bonjour à tous,
spamoi ici a écrit: | Je me pose aussi quelques questions sur le "Soi" (si tant est que "cela" existe et que ce ne soit pas également une construction mentale). J'aimerais connaitre votre avis.
1/le "Soi" est-il assimilable au vide entre 2 pensées ?
2/lorsque le "Soi" est perçu, n'est il pas perçu dans le cerveau ? Si oui, comment peut il etre différent du mental ?
3/la perception du "Soi" a t elle une réalité hors de la vie biologique ? |
Le cerveau est un objet très particulier. Il se trouve à la fois du côté objet — lorsqu’on en parle, on parle d’un objet —, et à la fois du côté du sujet — lorsqu’on parle, c’est un cerveau qui parle. Sur son versant objet, il est fait de matière vivante. La matière vivante est caractérisée par la présence d’une frontière qui sépare un intérieur d’un extérieur. Ce qui est à l’intérieur, c’est soi (avec un petit «s»), ce qui est à l’extérieur, c’est non-soi. Cela vaut pour la bactérie comme pour la plante ou l’humain. Cette frontière n’est pas étanche, mais semi-perméable. C’est-à-dire qu’elle laisse passer de manière sélective certains éléments de l’extérieur vers l’intérieur et vice versa. Tout ce qui pénètre à l’intérieur apporte à l’organisme, en plus de la matière elle-même, de l’information sur l’extérieur. On aurait tendance spontanément à considérer cette information comme étant de nature non-matérielle, mais ce n’est pas si simple que cela. Parce que l’information est présente absolument partout dans le monde vivant — et uniquement dans le monde vivant. Pour qu’il y ait information, il faut qu’il y ait soi et non-soi, et relation entre les deux. Une simple cellule, dans la mesure où elle fait la distinction, parmi tous les nutriments dans lesquels elle baigne, entre ceux qui lui sont profitable, et ceux lui seraient nocifs, «sait» quelque chose sur l’extérieur, et dispose donc de ce fait, bien que d’une manière extrêmement rudimentaire, d’une forme de savoir. La capacité de distinguer soi de non-soi, de savoir prendre de l’extérieur ce qui est bon pour soi, dénote un «savoir» sur l’extérieur. L’information que contient la cellule est purement chimique. Telle protéine à la surface d’un globule blanc par exemple reconnaît telle autre protéine à la surface d’une bactérie comme étrangère. Les protéines présentes à la surface de la bactérie constituent une information que les globules blancs lisent. La cellule immunitaire spécialisée, comme le lymphocyte T ou B, possède à sa surface une bibliothèque protéique recensant les différentes protéines étrangères avec lesquelles elle est déjà entrée en contact. Ainsi, non seulement la cellule lit son environnement, mais elle en garde une mémoire. Tout cela de manière purement chimique, sans conscience au sens où nous l’entendons.
Le cerveau est un organe matériel à l’intérieur duquel se produisent des réactions chimiques et circulent des flux électriques. Ces réactions chimiques et ces flux sont certes beaucoup plus complexes que ceux qui se produisent au niveau des organismes unicellulaires, mais fondamentalement, c’est la même chose : une modification chimique et structurelle d’un état interne répond à une information venue de l’extérieur, et garde une trace de cette information. D’un point de vue matériel, l n’y a aucune différence de nature entre le savoir qu’acquiert une cellule immunitaire et le savoir que se construit le cerveau sur le monde. C’est ce que daniel a constaté en postant dernièrement ce message. Il en arrive à la conclusion «que cela démontre que la conscience dépend du cerveau ... Et que c'est ... Donc ... Le cerveau qui produit la conscience !». Cette conclusion est imparable. Pourtant, elle ne voit pas une chose. Elle ne voit pas que la réalité matérielle dont elle fait dériver la conscience, ne lui est accessible que par la conscience. Autrement dit, ce qu’elle pose comme origine de la conscience, est un produit de la conscience. On croit avoir parlé de la réalité, alors qu’on a parlé des représentations que le cerveau se fait d'une réalité extérieure à lui, inconnaissable directement (la chose-en-soi kantienne), mais uniquement à travers ces représentations. On fait dériver la conscience du cerveau, et pourtant le cerveau lui-même n’est qu’une représentation à l’intérieur de la conscience. Jamais le cerveau — celui qui énonce des propositions sur la réalité — ne perçoit réellement un cerveau. Il n’a accès qu’à l’image qu’il se fait d’une structure censée produire la conscience, et qu’il nomme cerveau.
Comme le dit très pertinemment spamoi :
spamoi a écrit: | Je n'arrive absolument pas à comprendre comment la conscience pourrait emerger, être créer par une organisation particulière de la matière organique. La Théorie de l'emergence de la conscience me fait penser à de la magie! "Regardez dans le chapeau, y a pas de conscience, et maintenant abracadabra, regardez encore dans le chapeau, ca y est y a de la conscience!"
Que le cerveau soit un pièce maitresse de l'expression de la conscience ca me parait évident mais je ne comprends pas comment il pourrait créer la conscience ex nihilo. Soit les atomes qui le constituent sont deja en eux-même de la conscience soit il sont "branchés" sur une conscience préexistante, mais je ne comprends pas comment la conscience pourrait être "créée". |
En effet, il n’est pas concevable que la conscience puisse émerger de la matière. Soit la matière contient d’emblée la conscience, et alors le cerveau constitue une structure capable de la révéler, soit elle est distincte de la matière, et alors on tombe dans le dualisme matière-esprit qui a fait que depuis des siècles les penseurs se sont creusé la tête pour deviner à quel stade du développement embryonnaire l’âme s’incarnait dans le corps. De fait, la conscience et la matière présentent des caractéristiques inconciliables : la conscience n’existe qu’au présent et elle n’a aucune étendue, alors que la matière est étendue dans le temps. Pourtant, elles entretiennent aussi des rapports plus intimes. La matière, par sa seule présence, crée l’espace, et par son mouvement dans l’espace, crée le temps. La conscience, elle, crée l’instant présent. C’est parce que j’en prends conscience, maintenant, que cet instant-ci est l’instant présent. Sans conscience, il n’y aurait pas de présent. Seulement du temps et de l’espace. Qu’on ne soit pas capable de se représenter ce que pourrait être du temps sans présent, sinon abstraitement comme une courbe sur laquelle tous les point ne sont ni présent ni passés, mais simple linéarité, montre déjà que la matière et la conscience, inconciliables d’une certaine manière, ne peuvent pourtant être séparées. L’instant présent est nécessaire à l’écoulement du temps, car c’est lui qui le fait passer. Le temps passe, cela veut dire que le futur devient du passé en traversant le présent. La conscience, elle, ne peut pas être au passé. Elle peut se représenter le passé, mais c’est toujours au présent qu’elle le fait. Si la conscience n’était pas toujours au présent, personne n’aurait peur de mourir. Car mourir, c’est devenir du passé. Si la conscience pouvait être au passé, on ne mourrait pas : ce qui est passé serait présent.
On se retrouve donc avec le couple matière-esprit, sans parvenir à les dissocier, ni à les concilier. Ou plutôt, ils apparaissent irrémédiablement dissociés lorsqu’on les examine à partir d’un point de vue subjectif : le monde et mon corps m’apparaissent comme matériels, tandis que moi qui les perçois, je me saisis comme esprit immatériel. Dans le même temps, l’esprit qui me permet à la fois de me saisir moi-même et de me représenter le monde ne tolère pas, du fait d’une logique qui lui est inhérente, que ces deux instances, matière et esprit, soient radicalement séparées. Il y a donc nécessairement une erreur. Cette erreur, c’est de nommer «esprit» la capacité que l’on possède à se représenter les choses. Ou alors, si on tient à nommer cette capacité «esprit», le fait d’y inclure la conscience. Si on veut prendre la terminologie courante dans les milieux spirituels, on nommera plutôt la capacité à se représenter les choses : «mental», et la lumière intérieure qui fait que cette représentation est actualisée au présent : «conscience». Lorsqu’on l’exprime ainsi, on adopte un point de vue qui permet de voir l’erreur : on pense en général que le mental ferait partie de la conscience, alors qu’il fait partie de la matière, entendue comme fondement de l’espace-temps. Le mental se déploie dans le temps, il déroule des raisonnements qui prennent appui sur la notion de temps, lesquels construisent une histoire, inscrite nécessairement dans le temps, ce qui le place résolument du côté de la matière. Le mental commet en général une deuxième erreur : il croit que ce qu’il se représente est la réalité matérielle du monde. Or ce qu’il se représente n'est pas matériel, mais une représentation de quelque chose qu’il appelle matière. Ainsi, le mental croit arrimer sa propre virtualité à quelque chose de solide qui serait réel, mais qui n'est en fin de compte qu'un mot, une représentation qu'il pose sur quelque chose, la matière, qui elle lui est fondamentalement inaccessible. Le mental aspire à la réalité, et la cherche désespérément dans une matière à laquelle il n'a pas accès. Le mental se représentant le monde ne peut jamais sortir de la représentation qu'il s'en fait pour toucher la réalité qu'il lui suppose. Et il attribue à la matière, inconnaissable en soi, le rôle d’assurer la réalité du monde.
Le mental aspire à la réalité, alors qu’il n’est fait que d’information. Le mental, c’est de l’information qui se déroule et s’enroule sans cesse sur elle-même. Dès lors, il se trompe en se croyant radicalement séparé du monde extérieur : tout cela est de la matière, ou plus précisément de l’information matérielle empilée sur de l’information matérielle. Ce dont il est séparé, ce n’est pas du monde extérieur, c’est de la réalité. La réalité n’est ni une chose, ni une information : c’est le fait d’être conscient que ce qui est, est. C’est la conscience qui crée la réalité. Ainsi, en confondant conscience et information, et en constatant que cette information est impropre à le conduire à la réalité, le mental sombre dans ce que les traditions hindoue et bouddhiste nomment l’ignorance. C’est la levée de cette ignorance que vise la fameuse question : «Qui suis-je ?» — ou «Qui est conscient ?», ce qui est la même chose. Si «je» crois être le contenu de mon monde intérieur, je m’identifie à de l’information. Et je perds l'axe qui est la réalité du présent que je suis. Je subordonne la réalité que je suis à une réalité matérielle qui me serait extérieure, et qui ne m’est accessible que sous forme d’information. Je me retrouve à devoir faire le grand écart entre un monde intérieur fait d’information, qui m'est seul accessible, et un monde extérieur prétendu réel, source de l’information mais inaccessible en soi. La tension qui s'établit entre ces deux pôles, c'est ce qu'on appelle la dualité. Elle est source de souffrance, parce qu'il n'y a pas de circulation dynamique entre ces pôles, mais simple opposition. Pour qu'il y ait circulation, il faut que les relie une instance qui ne soit pas simplement informationnelle, mais qui confère sa réalité à la matière : la conscience - ou «je». «Je» fais que l'instant présent est présent, donc réel. Si je suis axé dans l'instant présent, alors le monde intérieur et le monde extérieur deviennent comme les deux faces d'une même réalité vivante, qui m'incarne, moi conscience atemporelle, dans le devenir.
Il est un préjugé bien ancré dans notre culture moderne, qui nous fait prendre ce qui est matériel pour réel, et ce qui est immatériel pour irréel. Pourtant, la matière elle-même, sur laquelle est censée reposer la notion de réalité, se révèle en fin de compte immatérielle, au sens qu’elle est dépourvue de cette substantialité massive que l’on attribue à la matière. Il serait en effet plus juste de dire que la matière est non pas ce qui est massif et substantiel, mais ce qui est immuable et permanent. Le premier principe de la thermodynamique nous apprend que l’énergie contenue dans un système fermé ne varie pas au cours du temps. Et les lois de la relativité générale nous ont appris que la masse et l’énergie ont une équivalence fixée par la formule E=mc2. Autrement dit la matière, si l’on considère par là le fondement stable de l’univers, ce n’est pas la masse, mais la masse plus l’énergie. Ainsi, si l’on veut caractériser la matière, on pourra dire que c’est ce qui ne varie pas au cours du temps. Les rapports entre la masse et l’énergie varient continuellement au cours du temps — cela, c’est le devenir —, mais la matière elle-même est invariante. Voilà qui nous rapproche de la conscience. La matière est l’invariant à l’intérieur duquel se déroulent tous les processus étalés dans le temps, et la conscience est ce qui rend ces processus réels en les présentifiant.
Après ce long préambule, je répondrai ainsi à tes questions, spamoi :
1/le "Soi" est-il assimilable au vide entre 2 pensées ?
Le silence entre deux pensées n’est pas le Soi, mais il est une porte qui permet d’accéder au Soi. En sortant du discours circulaire de la pensée qui se recycle elle-même sans fin sans jamais sortir d’elle-même, donc sans toucher la réalité, l’espace entre deux pensées ouvre sur cette réalité. Hors du discours circulaire qui ne voit que lui-même, il y a la conscience qui éclaire tout, y compris ce jeu circulaire, et c’est elle le Soi.
2/lorsque le "Soi" est perçu, n'est il pas perçu dans le cerveau ? Si oui, comment peut il être différent du mental ?
Dire que le Soi serait perçu dans le cerveau, c’est dire que de l’information créerait de l’information qui serait le Soi. Le Soi n’est pas de l’information. C’est en cela qu’il est différent du mental. Il est la lumière de la conscience qui fait apparaître la réalité, qui la présentifie.
3/la perception du "Soi" a-t-elle une réalité hors de la vie biologique ?
L’information ne peut revêtir une valeur de message, et donc être de l’information, que pour un organisme biologique, capable de faire la différence entre soi et non-soi — sans quoi il manquerait à l’information un récepteur pour lequel elle puisse constituer une information. Chez les organismes rudimentaires, l’information est de nature purement matérielle, chimique. Les premières ébauches de la conscience apparaissent à partir du moment où l’organisme est capable de créer de l’information qui le renseigne sur lui-même. Cela suppose la présence d’un système nerveux. Celui-ci est le support matériel de l’information spécialisée qu’un organisme récolte sur l’extérieur et sur lui-même. Par spécialisé, je veux dire que ce support est entièrement dédié à la récolte de l’informations. L’apparition d’un cerveau complexifie encore cette récolte, en organisant les informations récoltées. Cette organisation constitue de l’information modulée par de l’information. L’apparition du néo-cortex, pleinement développé seulement chez l’humain, ajoute encore un degré d’abstraction à cette organisation. L’organisme devient capable d’entrer en contact avec son environnement et son monde intérieur non plus seulement selon le schéma stimulus - réponse pré-programmée, mais il parvient à lire l’information qui lui parvient à l’aide d’une nouvelle organisation, totalement abstraite : le langage. Cette nouvelle organisation a la caractéristique de pouvoir créer de l’information qui se réfère à elle-même. Elle est auto-organisatrice. Elle crée un organisme, un être de langage, à partir de la vie biologique, comme la vie elle-même crée un être vivant à partir de la matière inerte. Ce nouvel organisme obéit à des lois qui ne sont plus seulement celles de la biologie, comme l’organisme vivant obéit à des lois qui ne sont plus seulement celles de la physique. Les lois de la biologie agissent sur la matière, pour la rendre vivante. Les lois du langage agissent sur le langage lui-même. Le langage crée ainsi une réalité hors de la réalité matérielle du monde, faite uniquement d’information, sans plus aucun support matériel. A l’intérieur de cette information qui s’auto-organise apparaissent des exigences telles que la justice, la vérité, la beauté, le bien, qui n’ont aucun équivalent dans les mondes minéraux et biologiques. Et pourtant, l’être de langage attend que ces mondes qui ne connaissent pas les lois qu’il découvre en lui-même, y obéissent pourtant : et en effet le comportement prédictible du monde minéral confirme la vérité des lois de la physique que l’être de langage découvre à l’intérieur de lui-même. Mais si les mondes minéraux et biologiques obéissent parfaitement à l’exigence de vérité qu’institue le langage, il ne le font qu’en partie (en grande partie) pour l’exigence de beauté, en partie pour l’exigence de bonté, et peu pour l’exigence de justice. L’esprit se découvre différent, et soumis à d’autres lois, que le monde matériel dont il est issu. Mais alors qu’est-il ? Le plus élémentaire que l’on pourrait dire, c’est qu’il est aspiration. C’est d’ailleurs là son sens étymologique : souffle. S’il est aspiration, cela signifie qu’il aspire à quelque chose d’autre que lui. Il aspire à la réalité. Lorsqu’il se fourvoie en lui-même, l’esprit se trompe sur le but de son aspiration, et cherche la réalité dans l’information. C’est le piège du mental. Car comme l’esprit est incapable de produire de la réalité, il ne la trouvera jamais dans l’information qu’il distille. Le seul endroit d’où la réalité puisse émerger, c’est de la radicalité de son aspiration, toute nue, non recouverte d'information. Lorsque l’esprit se tend dans un pur questionnement, il devient pure conscience. Et il se découvre alors être ce qui présentifie la réalité, ce qui donne sa réalité à l’être. Il découvre là sa véritable nature. Il découvre qu’il est aspiration, et cette aspiration vécue dans toute sa pureté et dans toute son intensité est la lumière même de la conscience. Mais cette découverte n’éteint pas pour autant son aspiration au Vrai, au Beau, au Bien, au Juste. Au contraire, elle lui permet de se donner à cette aspiration sans être détourné par de l’information parasite qui lui confisquerait sa force en le fourvoyant dans des boucles sans fin. L’éveil n’est en effet pas une fin, mais un début. Ou alors la fin d’une errance. |
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sèpher
Inscrit le: 31 Oct 2011 Messages: 1917 Localisation: paris
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Posté le: Di 23 Nov 2014 22:07 Sujet du message: Re: Matière, information et conscience |
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joaquim a écrit: | . Lorsque l’esprit se tend dans un pur questionnement, il devient pure conscience. Et il se découvre alors être ce qui présentifie la réalité, ce qui donne sa réalité à l’être. Il découvre là sa véritable nature. Il découvre qu’il est aspiration, et cette aspiration vécue dans toute sa pureté et dans toute son intensité est la lumière même de la conscience. Mais cette découverte n’éteint pas pour autant son aspiration au Vrai, au Beau, au Bien, au Juste. Au contraire, elle lui permet de se donner à cette aspiration sans être détourné par de l’information parasite qui lui confisquerait sa force en le fourvoyant dans des boucles sans fin. L’éveil n’est en effet pas une fin, mais un début. Ou alors la fin d’une errance. |
 _________________ Si l'on vous demande : Quel est le signe de votre Père qui est en vous ? Dites-leur : C'est un mouvement et un repos . Thomas (evangile apocryphe) |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Di 23 Nov 2014 22:19 Sujet du message: |
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Bonsoir Joaquim !
Merci ... Pour cette ... Nouvelle démonstration !
Tu dis :
Citation: | Il en arrive à la conclusion «que cela démontre que la conscience dépend du cerveau ... Et que c'est ... Donc ... Le cerveau qui produit la conscience !». Cette conclusion est imparable. Pourtant, elle ne voit pas une chose. Elle ne voit pas que la réalité matérielle dont elle fait dériver la conscience, ne lui est accessible que par la conscience. Autrement dit, ce qu’elle pose comme origine de la conscience, est un produit de la conscience. |
Mais là ... Tu prends la conscience ... Comme une réalité unique ... Comme un tout ... Alors que la science ... Semble ... Nous montrer que la conscience naît de l'interaction entre plusieurs zones ... Actives ... Du cerveau ... Voilà un fait ... Si ce fait n'était pas réel ... À quoi servirait-il ! ... Pour nous montrer ... Quoi !?
Ps : de plus ... La dame ... Dont je parle ... Dans mon exemple ... À qui l'on triture le cerveau ... Vit ... Cela ... En première personne ... Elle ne voit pas le cerveau ... Mais ... Elle sent qu'on la triture ... Quand sa conscience ne s'en trouble pas !? 
Dernière édition par daniel le Di 23 Nov 2014 23:27; édité 3 fois |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Di 23 Nov 2014 22:46 Sujet du message: Re: Matière, information et conscience |
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sèpher a écrit: | joaquim a écrit: | . Lorsque l’esprit se tend dans un pur questionnement, il devient pure conscience. Et il se découvre alors être ce qui présentifie la réalité, ce qui donne sa réalité à l’être. Il découvre là sa véritable nature. Il découvre qu’il est aspiration, et cette aspiration vécue dans toute sa pureté et dans toute son intensité est la lumière même de la conscience. Mais cette découverte n’éteint pas pour autant son aspiration au Vrai, au Beau, au Bien, au Juste. Au contraire, elle lui permet de se donner à cette aspiration sans être détourné par de l’information parasite qui lui confisquerait sa force en le fourvoyant dans des boucles sans fin. L’éveil n’est en effet pas une fin, mais un début. Ou alors la fin d’une errance. |
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Bonsoir Sèpher !
Ce pur questionnement ... S'appuie ... Sur la question ... Qui suis-je !?  |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 6706 Localisation: Suisse
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Posté le: Di 23 Nov 2014 23:33 Sujet du message: |
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daniel a écrit: | Bonsoir Joaquim !
Merci ... Pour cette ... Nouvelle démonstration !
Tu dis :
Citation: | Il en arrive à la conclusion «que cela démontre que la conscience dépend du cerveau ... Et que c'est ... Donc ... Le cerveau qui produit la conscience !». Cette conclusion est imparable. Pourtant, elle ne voit pas une chose. Elle ne voit pas que la réalité matérielle dont elle fait dériver la conscience, ne lui est accessible que par la conscience. Autrement dit, ce qu’elle pose comme origine de la conscience, est un produit de la conscience. |
Mais là ... Tu prends la conscience ... Comme une réalité unique ... Comme un tout ... Alors que la science ... Semble ... Nous montrer que la conscience naît de l'interaction entre plusieurs zones ... Actives ... Du cerveau ... Voilà un fait ... Si ce fait n'était pas réel ... À quoi servirait-il ! ... Pour nous montrer ... Quoi !?
Ps : de plus ... La dame ... Dont je parle ... Dans mon exemple ... À qui l'on triture le cerveau ... Vit ... Cela ... À la première personne ... Elle ne voit pas le cerveau ... Mais ... Elle sent qu'on la triture ... Quand sa conscience ne s'en trouble pas !?  |
Bonjour daniel,
Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire. Voudrais-tu dire que parce que plusieurs zones cérébrales distinctes doivent être activées pour que la conscience s’éveille, celle-ci ne pourrait être une réalité unique ? Penses-tu donc que s’il existait un siège précis de la conscience, alors on serait autorisé à parler d’une réalité unique ?
Et puis, j’achoppe sur ton « À quoi servirait-il ! ... Pour nous montrer ... Quoi !?». Comme si la réalité avait pour finalité de nous montrer quelque chose.
Pour ce qui est de la dame, je ne vois pas le problème. Pourrais-tu préciser ? Avec des phrases complètes si possible, sans ... |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 0:01 Sujet du message: |
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joaquim a écrit: | daniel a écrit: | Bonsoir Joaquim !
Merci ... Pour cette ... Nouvelle démonstration !
Tu dis :
Citation: | Il en arrive à la conclusion «que cela démontre que la conscience dépend du cerveau ... Et que c'est ... Donc ... Le cerveau qui produit la conscience !». Cette conclusion est imparable. Pourtant, elle ne voit pas une chose. Elle ne voit pas que la réalité matérielle dont elle fait dériver la conscience, ne lui est accessible que par la conscience. Autrement dit, ce qu’elle pose comme origine de la conscience, est un produit de la conscience. |
Mais là ... Tu prends la conscience ... Comme une réalité unique ... Comme un tout ... Alors que la science ... Semble ... Nous montrer que la conscience naît de l'interaction entre plusieurs zones ... Actives ... Du cerveau ... Voilà un fait ... Si ce fait n'était pas réel ... À quoi servirait-il ! ... Pour nous montrer ... Quoi !?
Ps : de plus ... La dame ... Dont je parle ... Dans mon exemple ... À qui l'on triture le cerveau ... Vit ... Cela ... À la première personne ... Elle ne voit pas le cerveau ... Mais ... Elle sent qu'on la triture ... Quand sa conscience ne s'en trouble pas !?  |
Bonjour daniel,
Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire. Voudrais-tu dire que parce que plusieurs zones cérébrales distinctes doivent être activées pour que la conscience s’éveille, celle-ci ne pourrait être une réalité unique ? Penses-tu donc que s’il existait un siège précis de la conscience, alors on serait autorisé à parler d’une réalité unique ?
Et puis, j’achoppe sur ton « À quoi servirait-il ! ... Pour nous montrer ... Quoi !?». Comme si la réalité avait pour finalité de nous montrer quelque chose.
Pour ce qui est de la dame, je ne vois pas le problème. Pourrais-tu préciser ? Avec des phrases complètes si possible, sans ... |
Je ne dis pas que plusieurs zones cérébrales doivent être activées pour que la conscience s'éveille ... Je dis que, selon la science, la conscience existe quand différentes zones cérébrales entrent en interaction ... Et disparaît ... Quand l'interaction n'est plus possible ... La conscience n'est plus, alors, qu'un phénomène ... Transitoire !
Le fait est que la dame vit ce qu'on lui fait, en première personne, sans qu'intervienne une quelconque représentation, c'est en première personne qu'elle ressent ce qu'on lui fait ... Quand sa conscience flanche, par exemple ... Elle sent, directement, l'action menée sur son cerveau !  |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 6706 Localisation: Suisse
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 0:42 Sujet du message: |
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daniel a écrit: | Je ne dis pas que plusieurs zones cérébrales doivent être activées pour que la conscience s'éveille ... Je dis que, selon la science, la conscience existe quand différentes zones cérébrales entrent en interaction ... Et disparaît ... Quand l'interaction n'est plus possible ... La conscience n'est plus, alors, qu'un phénomène ... Transitoire ! |
Il y aurait problème si la conscience était une chose. Une chose ne peut pas apparaître et disparaître. La matière(-énergie) est un invariant stable dans le temps. La conscience n’est pas stable dans le temps. Elle n’est pas dans le temps du tout. Elle présentifie la réalité.
Par ailleurs, tu confonds conscience et vigilance. On peut mesurer l’état de vigilance. On ne peut pas mesurer la conscience. Il n’y a même aucun moyen fiable pour déterminer si tel ou tel organisme, ou machine, est conscient. La conscience ne peut être perçue intérieurement que comme l’expérience fondatrice du fait d’être.
daniel a écrit: | Le fait est que la dame vit ce qu'on lui fait, en première personne, sans qu'intervienne une quelconque représentation, c'est en première personne qu'elle ressent ce qu'on lui fait ... Quand sa conscience flanche, par exemple ... Elle sent, directement, l'action menée sur son cerveau !  |
Là aussi, je ne vois pas le problème... Si on met du sel sur des cuisses de grenouilles fraîches, elles se contractent. Si on stimule telle zone du cerveau de la dame, son bras droit se contracte. Telle autre, elle s’endort. Telle autre, elle vit une expérience océanique. Tout cela n’est pas la conscience, comme te l’ont dit spamoi et sèpher :
spamoi a écrit: | daniel a écrit: | Bonsoir Sèpher !
La femme ... Que l'on opère ... Dans mon exemple ... Est en prise directe ... Avec ce qu'on lui fait ... Et on lui triture des zones du cerveaux ... Et ça trouble sa conscience ... Comment expliques-tu ... Cela !?  |
Tu confonds conscience et contenu de la conscience. |
sèpher a écrit: | quand on lui triture le cerveau, la conscience n'est en aucun cas altéré , il y a des modifications d'états uniquement....
la conscience est sans forme, elle révèle des formes, mais elle ne s'attrape pas , ne se saisit pas, ne se modifie pas,
la conscience ne peut subir aucun changement, elle est hors du temps, il n'y a pas création de la conscience, elle est immortelle , elle est ce que tu es profondément . |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 1:08 Sujet du message: |
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Joaquim dit :
Citation: | Il y aurait problème si la conscience était une chose. Une chose ne peut pas apparaître et disparaître. |
Une chose ... Non ... Mais un phénomène !?
La matière, c'est aussi, différents états, interdépendants entre eux ! Là, où il y a impermanence, il y a transformation !
Tous les autres arguments tiennent la route ... Il se peut que je me trompe ...  |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 6706 Localisation: Suisse
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 10:18 Sujet du message: |
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Si la conscience est un phénomène, qui la considère comme un phénomène ? Un autre phénomène ? |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2378
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 11:27 Sujet du message: |
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Je n'ai pas pu visionner la vidéo que Daniel a envoyée, apparemment elle n'est plus en ligne. Ma question sera peut-être hors de propos, mais est-ce que la science ne considère pas que la conscience disparait quand il n'y a plus de perceptions, c'est à dire que l'information n'est pas enregistrée dans la mémoire ? ou n'est pas accessible, au moins rétrospectivement, comme dans le sommeil profond par exemple ?
Est-ce qu'on peut dire d'un amnésique qu'il n'est pas conscient de l'information qui lui manque, ou qu'il n'était pas conscient au moment des faits qu'il a oubliés ?
La conscience qui est présence à soi est-elle de même nature que la conscience qui est accessibilité à l'information, la mémoire, la vigilance ? |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 14:18 Sujet du message: |
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joaquim a écrit: | Si la conscience est un phénomène, qui la considère comme un phénomène ? Un autre phénomène ? |
Bonjour Joaquim !
Ben oui ... On peut dire ça !
Le "moi-je" naît de l'interaction entre le corps, le mental et l'environnement !
Le corps, le mental (qui ne serait pas la Conscience, comme tu le dis), prennent pour eux, au bout d'un certain temps, tout ce qui leur arrive ...
Le "moi-je" n'a pas de réalité propre, comme on le sait ... Et il n'y a pas, ici, de Soi, de Je, de Dieu !
Tout est lié à l'évolution de la sensibilité ... Et à l'évolution, par exemple, du cerveau, notamment, le néo-cortex ! |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 10121 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 14:36 Sujet du message: |
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KIYA a écrit: | Je n'ai pas pu visionner la vidéo que Daniel a envoyée, apparemment elle n'est plus en ligne. Ma question sera peut-être hors de propos, mais est-ce que la science ne considère pas que la conscience disparait quand il n'y a plus de perceptions, c'est à dire que l'information n'est pas enregistrée dans la mémoire ? ou n'est pas accessible, au moins rétrospectivement, comme dans le sommeil profond par exemple ?
Est-ce qu'on peut dire d'un amnésique qu'il n'est pas conscient de l'information qui lui manque, ou qu'il n'était pas conscient au moment des faits qu'il a oubliés ?
La conscience qui est présence à soi est-elle de même nature que la conscience qui est accessibilité à l'information, la mémoire, la vigilance ? |
Bonjour Kyia !
Je n'ai pas mis de vidéo, en ligne ... Je parle d'un reportage que j'ai vu au journal de france2 !
Il me semble que la conscience disparaît, définitivement, quand les interactions entre les différentes zones du cerveau ne sont plus possible ...
L'amnésique est conscient, mais n'a plus accès à des épisodes de sa vie qui sont, peut-être, encore, en mémoire ... Il peut y avoir des lésions au cerveau !
Tu dis :
Citation: | La conscience qui est présence à soi est-elle de même nature que la conscience qui est accessibilité à l'information, la mémoire, la vigilance ? |
Pour moi ... Oui !
Mais c'est complexe ... Comme l'est, le cerveau !  |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2378
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 15:41 Sujet du message: |
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Bonjour Daniel!
Mais que dire par exemple, sur la conscience de certaine personnes atteintes de maladies qui provoquent ce que nous appelons des hallucinations, et qui sont en même temps conscientes du même monde que nous, je pense en particulier à une dame dont je m'occupe, qui discute normalement avec nous, tout en étant simultanément plongée dans "un autre monde", qui voit, vit des choses que nous ne percevons pas et nous en parle comme si nous pouvions les voir aussi. Cela est bien réel pour elle, tout comme nous le sommes aussi. Surement ces hallucinations ne sont basées sur rien de matériel, au moins de notre point de vue, mais quelque chose chez elle leur donne une réalité, qui provoque des sentiments etc... Mais si ce n'est basé sur rien de matériel, même pas un souvenir stocké dans une quelconque mémoire matérielle, comment le cerveau peut-il créer de telles visions ? Le cerveau a-t-il des capacités créatrices ? Est-ce une fonction du mental ? Peuvent-ils créer de la réalité ? |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 6706 Localisation: Suisse
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 19:02 Sujet du message: |
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daniel a écrit: | joaquim a écrit: | Si la conscience est un phénomène, qui la considère comme un phénomène ? Un autre phénomène ? |
Bonjour Joaquim !
Ben oui ... On peut dire ça ! |
Tout d’abord, le terme phénomène est peu approprié, me semble-t-il, car il fait référence par lui-même à ce qui apparaît à la conscience. Parler d’un phénomène, c’est parler d’une chose ou d’un événement tel qu’il apparaît à la conscience. Dire dès lors que la conscience serait un phénomène, c’est parler de la conscience telle qu’elle apparaît à la conscience.
Cela dit, j’imagine que tu entends par phénomène quelque chose qui ne détiendrait pas sa propre cause en soi, mais qui serait déterminé par autre chose que lui. La conscience serait ainsi une conséquence des processus neuro-physiologiques à l’oeuvre dans le cerveau, avec peut-être des qualités émergentes non contenue dans ces processus, mais néanmoins entièrement déterminée par eux. Et bien, supposons que tu aies raison. Supposons que tu m’aies convaincu que ce que tu dis est vrai, et que c’est moi qui me trompes. La conscience n’est qu’un produit de l’activité cérébrale. Mais alors, reconnaître cela comme vrai n’est à son tour qu’un produit de l’activité cérébrale. Qu’est-ce alors que la vérité, si elle n’est que le produit d’un déterminisme aveugle ? Qui serait légitimé à dire dans ces conditions que ce que tu dis est vrai ? Je dis «qui», et ce n’est pas facultatif. Parce que la vérité n’existe que reconnue. La vérité n’existe que pour quelqu’un. Et on retombe sur la nature de la conscience. Qui n’est décidément pas réductible à des processus.
Dernière édition par joaquim le Lu 24 Nov 2014 19:54; édité 1 fois |
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spamoi
Inscrit le: 06 Nov 2014 Messages: 75
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Posté le: Lu 24 Nov 2014 19:23 Sujet du message: |
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Merci à Joaquim pour cette réponse approfondie à mes questions. |
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