Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
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iTristan Invité
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 2:10 Sujet du message: Inconscient, rêves et spiritualité |
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Si tu le souhaites Reality, je te propose de poursuivre notre échange ici.
Reality66 a écrit: | iTristan a écrit: | Justement, je me faisais la réflexion ce matin que la grande erreur de la psychanalyse a été de considérer l'inconscient comme le foyer originel de la souffrance morale, et donc de faire porter tout le poids de cette souffrance sur l'individu. À mon sens, une telle approche ne pouvait qu'entretenir les névroses de ceux qu'elle prétendait soigner, en occultant totalement le mal à l’œuvre dans le monde, l'obstacle qu'il représente pour accéder à la paix intérieure, et la responsabilité partagée de la souffrance individuelle, bref en occultant la part des causes objectives de la souffrance morale. En réalité, l'inconscient est le lieu de nos plus profonds désirs, de nos plus profondes aspirations, et le siège de nos plus purs idéaux ; sa mise en mouvement peut nous conduire à réaliser qui nous sommes vraiment ; accepter d'être porté par l'inconscient à travers les intuitions qu'il nous communique, c'est créer sa propre voie et sa liberté propre, c'est parvenir à soi. |
Remarque intéressante, @Tristan.
Il faut dire que dans une culture judéo-chrétienne ce qu'il y a en soi "doit" susciter la culpabilité, d'autant lorsqu'il s'agit de forces pulsionnelles refoulées. Et pourquoi seraient-elles refoulées ?
Cela fait longtemps que je me penche sur la dynamique de mes rêves. Il m'est devenu difficile de considérer le rêve comme la voie royale de l'inconscient dans le sens où mes expériences me laissent entendre que c'est un accès à davantage que l'inconscient ! Ils peuvent contenir une sagesse qui dépasse celle de la philosophie ou être un lieu d'expérience de facultés qui dépassent les limites de notre univers personnel.
Quelle autonomie peut-on trouver à travers notre inconscient ? À mon sens, c'est encore un leurre que de percevoir dans les rêves, comme reflets de l'inconscient, une signification requérant un décryptage. Il me semble que cette approche intellectualisante s'éloigne des vraies significations qu'on peut en retirer.
J'ai plutôt perçu que c'était par l'acceptation de cette dialectique entre l'inconscient et le conscient que la paix pouvait être vécue.
Par exemple, vivre au quotidien dans la rumination ne prédispose pas notre conscient à entendre et accepter le dialogue avec l'inconscient. Notre part au dialogue se traduirait davantage en acte ou en attitude (mentale, verbale ou comportementale) le jour pour résonner au diapason de nos profondeurs.
C'est en somme comme se montrer discipliné, synonyme d'ouverture, avant de recevoir une compréhension intime des choses et de soi. C'est probablement la même chose en sens inverse avec la somatisation. À ne pas entendre, la souffrance puis la douleur "s'accaparent" l'esprit et celui-ci passe ensuite son temps à s'occuper de sa maladie et de s'enfoncer dans des formes de dépendances. |
Bonjour Reality,
Je trouve que le mot que tu emploies de dialectique est celui qui convient. En psychanalyse, je n'ai de notions que freudiennes quant à l'analyse des rêves, "déplacement" et "condensation", et il me parait que ces concepts dénotent une approche plutôt réductionniste de la psyché, comme tout ce qui relève de l'appareil théorique freudien du reste.
Il est rare que je me souvienne de mes rêves, mais j'ai tendance à leur trouver effectivement une dimension symbolique, plus ou moins personnelle ou universelle, symbolique qu'on peut retrouver dans l'acte créatif. En cela, il me parait qu'au niveau préconscient au moins, les matériaux inconscients sont déjà du registre du langage, et que c'est dans la sphère des idées que peut s'opérer la dialectique dont tu parles.
Mais il y a aussi, à un niveau plus profond, ce qui échappe à la symbolique et au conceptuel, et qui s'exprime sous la forme d'intuitions ou de pressentiments. À ce niveau, l'intellect ne suffit pas pour comprendre ce qui se joue, c'est plutôt dans un registre déjà plus émotionnel et corporel que la dialectique s'opère. Ce niveau est déjà moins accessible parce qu'il requiert une certaine liberté dans l'appréhension et l'expression des émotions et des sentiments.
Enfin, le niveau le plus profond est, selon moi, celui où seul le corps est en capacité de traduire les évènements psychiques qui se déroulent au niveau inconscient. C'est le registre des manifestations physiques, des sensations profondes, viscérales ou nerveuses par exemple. À ce niveau, il me semble que la dialectique se situe plutôt dans le registre de l'instinctuel, totalement inintelligible pour l'intellect. Et, dans certains cas, cela peut se traduire par des formes pathologiques de somatisation.
De mon point de vue, l'inconscient n'est pas un lieu hostile, il est plutôt la part de nature en nous, la part qui nous relie au monde sauvage, et plutôt que de s'en effrayer, il me semble qu'il s'agit de la domestiquer, de l’apprivoiser pour de se la rendre amicale. |
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Kairos
Inscrit le: 29 Août 2023 Messages: 2136
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 10:29 Sujet du message: |
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iTristan, je vous remercie de respecter ma parole concernant les objets de discussion originels, en l'occurrence dans mes propositions de discussions, notamment la plus récente.
Je reviendrai échanger ici avec vous si je trouve quelque chose à ajouter à cette nouvelle discussion.
J'ai déjà trouvé quelque chose : de mon expérience, il y a l'inconscient dirigé et l'inconscient dirigeant, le premier est celui qui permet d'être chef-fe, le second est celui qui permet à l'autre, ou à l'Autre, d'être chef-fe.
Puisque l'inconscient est individuel, l'inconscient dirigé est dirigé par soi, et l'inconscient dirigeant est dirigeant sans soi.
C'est ma façon de me représenter les différentes parties de soi.
Et l'inconscient est aussi une source inépuisable de créativité, mais illimitée donc problématique pour la vie qui, elle, est individualisée. |
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vertgandazert
Inscrit le: 20 Août 2015 Messages: 448 Localisation: Nantes
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 11:00 Sujet du message: |
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Pour moi l’inconscient c'est l'esprit qui se met hors du temps, pour justement prendre le temps d'influencer subtilement l'esprit,qui est resté dans l'espace temps habituel,perçu comme le présent...? _________________ La vie est une expérience, alors expérimentons |
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Kairos
Inscrit le: 29 Août 2023 Messages: 2136
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 11:18 Sujet du message: |
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Jung a représenté - de façon que je trouve assez pertinente - les différentes parties de l'inconscient par des archétypes, il y en a beaucoup qu'il a identifiés, et je fais le rapprochement avec les biais cognitifs. |
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manira
Inscrit le: 05 Août 2012 Messages: 2849
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 18:37 Sujet du message: |
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« Un homme né et éduqué dans les soi- disantes sciences exactes , au fait de la raison analytique , ne comprendra pas aisément qu’il existe une telle chose qu’une imagination concrète et exacte . »
Goethe
« Le monde occidental a été dominé depuis des siècles par la « raison analytique », manifestée dans « les soi-disantes sciences exactes », si bien qu'il est devenu presque incapable de comprendre le langage de l'imagination.
Pourtant, toutes les grandes Écritures du monde, la Bible, les Vedas, le Coran, ont été rédigées dans une langue poétique, c'est-à-dire symbolique. Et c'est par elles seules qu'une connaissance réelle, distincte de ce que Newman a appelé la connaissance « notionnelle » de la Vérité ultime, peut être atteinte. Le langage du mythe et de la poésie, de l'imagination concrète, engage les sens, les sentiments, la volonté, la raison, et amène la transformation de l'homme tout entier. En ce sens le langage de l'imagination peut être comme une sorte d'incarnation. »
Bede Griffiths |
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Reality66
Inscrit le: 27 Avr 2024 Messages: 187 Localisation: Languedoc-Roussillon
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Posté le: Sa 29 Mars 2025 22:48 Sujet du message: |
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manira a écrit: | « Un homme né et éduqué dans les soi- disantes sciences exactes , au fait de la raison analytique , ne comprendra pas aisément qu’il existe une telle chose qu’une imagination concrète et exacte . »
Goethe
« Le monde occidental a été dominé depuis des siècles par la « raison analytique », manifestée dans « les soi-disantes sciences exactes », si bien qu'il est devenu presque incapable de comprendre le langage de l'imagination.
Pourtant, toutes les grandes Écritures du monde, la Bible, les Vedas, le Coran, ont été rédigées dans une langue poétique, c'est-à-dire symbolique. Et c'est par elles seules qu'une connaissance réelle, distincte de ce que Newman a appelé la connaissance « notionnelle » de la Vérité ultime, peut être atteinte. Le langage du mythe et de la poésie, de l'imagination concrète, engage les sens, les sentiments, la volonté, la raison, et amène la transformation de l'homme tout entier. En ce sens le langage de l'imagination peut être comme une sorte d'incarnation. »
Bede Griffiths |
Merci manira
Je note cette citation qui va dans le sens d'une culture intellectuelle réprimant trop les émotions, substrat biologique il me semble à l'imagination.
Je ne vois pas très bien comment l'on pourrait se plonger dans la spiritualité sans la nécessité que nos émotions supplantent notre intellect.
J'ai sorti dernièrement du rayon d'une médiathèque l'ouvrage de Jean-Noël Vuarnet "Extases féminines". Sa lecture analytique laisse entendre que les saintes citées sont de grandes angoissées qui se sont perdues (ou absentée) dans une supposée jouissance procurée par l'extase.
C'est une conséquence de la problématique d'une culture réprimant les émotions jusqu'à en venir à les pathologiser, à les confondre avec un besoin d'orgasme maladif ou à en faire un trouble psychologique. C'est "normal" sinon tous ceux représentant l'élite de la pensée rationnelle devraient se considérer comme atteint d'un "trouble émotionnel".
J'ai lu quelques auteurs critiquant la répression des émotions, comme Reich, Cooper et Laing, mais de tels auteurs sont restés trop superficiels parce qu'à mon avis eux-mêmes trop imprégnés par leur culture intellectuelle.
Notre propre chemin spirituel est à mon sens une création qui repose en grande partie sur les émotions (la sensibilité à certaines choses nous prédispose). S'il n'y avait pas un blocage émotionnel aussi conséquent chez l'humain, il n'aurait pas besoin de se raccrocher de la sorte à des idéologies, à des gourous permettant la libération. En fait la libération émotionnelle peu suffire parce qu'elle apporte l'énergie de son propre désir d'autonomie. _________________ S'il suffisait de croiser les jambes pour atteindre l'illumination toutes les grenouilles seraient Bouddha. ( Taisen Deshimaru ) |
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